Le micro-LED, une technologie d’avenir pour les téléviseurs ?

Publié :
[Total : 1    Moyenne : 5/5]
[Total : 1    Moyenne : 5/5]

Dans le domaine des dalles de téléviseurs, le LED et l’OLED doivent désormais compter avec le micro-LED, une nouvelle technologie actuellement développée par certains constructeurs. Concrètement, de quoi s’agit-il et quand arrivera-t-elle sur le marché ? On vous explique tout.

On connaissait déjà les TV à rétroéclairage LED, où les pixels sont accompagnés de diodes électroluminescentes qui produisent la lumière, ainsi que le système OLED où les pixels génèrent eux-mêmes leur propre lumière sans aide extérieure. Mais la technologie micro-LED reste, à l’heure actuelle, encore assez peu connue du grand public. Et pour cause : elle n’a été présentée jusque-là que sur une poignée de salons, comme l’IFA de Berlin en 2019 et le CES de Las Vegas en 2020. Principalement portée par Samsung, elle est cependant présentée comme l’avenir des téléviseurs par la marque sud-coréenne, et d’autres marques s’y intéressent également. Faut-il y voir l’avenir des TV ? Peut-être bien, mais il faut cependant nuancer la réponse à cette question.

Le micro-LED, c’est quoi ?

Tout d’abord, il faut souligner que la technologie micro-LED n’est pas réellement nouvelle : elle existe depuis plusieurs années sous une forme très proche, notamment à l’intérieur des grands panneaux publicitaires vidéos et des systèmes d’affichage que l’on peut trouver dans les stades, par exemple.

Dans le cadre d’un système micro-LED, chaque pixel est composé de trois LED rouge, verte et bleue. De taille microscopique, à savoir 30 microns, ce qui est plus petit que l’épaisseur d’un cheveu, ces diodes génèrent de la lumière de façon individuelle et extrêmement précise. Un procédé qui se rapproche de ce fait davantage de l’OLED que du LED, mais qui affiche, et assume, ses différences.

Les avantages du micro-LED…

Contrairement à l’OLED, qui fonctionne sur le principe de la superposition de plusieurs couches semi-conductrices organiques, le micro-LED se base sur un matériau non organique, appelé nitrure de gallium. L’un des avantages de cette différence de conception, c’est qu’elle est bien moins énergivore que l’OLED : un écran micro-LED peut consommer jusqu’à 50% d’électricité en moins pour fonctionner. Ensuite, ce type d’écran est extrêmement fin, ce qui permet aux constructeurs d’affiner toujours plus les téléviseurs, et les rendre plus légers au passage, ce qui est bien utile pour fixer aux murs des diagonales toujours plus grandes.

Le micro-LED est également plus performant que le LED et l’OLED sur des points cruciaux lorsqu’on parle de téléviseurs, comme une luminosité supérieure à 100 000 cm/m², un temps de réponse sous la barre de la microseconde, un meilleur contraste, une résistance accrue aux écarts de température, et une durée de vie bien plus importante que celle des autres technologies. Par exemple, le modèle The Wall présenté par Samsung en janvier dernier affiche une durée de vie de plus de 100 000 heures de visionnage. À titre de comparaison, la durée de vie moyenne d’un téléviseur OLED est de 30 000 heures. En théorie, si vous regardez la TV 4 heures par jour tous les jours de la semaine, vous pouvez donc utiliser cet écran durant 68 ans… la pratique est certes différente, mais cela donne une bonne idée générale !

… et les inconvénients

On l’aura compris, le micro-LED ne manque pas d’atouts. On peut donc se demander pourquoi il n’est pas d’ores et déjà adopté massivement par les constructeurs de téléviseurs. La réponse est très simple et elle n’est pas surprenante en réalité : l’élément bloquant, aujourd’hui, c’est son prix. En effet, produire un écran micro-LED revient trois à quatre fois plus cher que de produire un écran OLED, qui est déjà lui-même plus coûteux qu’un écran LED.

La raison à cela tient dans le cœur de la technologie du micro-LED, à savoir la miniaturisation des diodes. Il n’existe pas, à ce jour, de technique fiable permettant de dupliquer les diodes microscopiques par le biais de l’impression, ce qui est une condition indispensable pour lancer la production de masse de ce type de composants. L’écran The Wall de Samsung, cité plus haut, est conçu par le biais d’une gravure à tampon des micro-LED sur les plaques de TFT qui composent la dalle : c’est une technique très limitée, relativement lente et qui affiche un fort taux d’échec, ce qui la rend particulièrement coûteuse. Le prix d’un écran The Wall Luxury de Samsung, qui affiche une définition 4K Ultra HD, est actuellement de 350 000 euros dans sa version 146 pouces. La version 8K Ultra est, quant à elle, vendue à 1,4 million d’euros ! Si la marque sud-coréenne propose bel et bien ces modèles à la vente, on imagine que les acheteurs se comptent, à ce jour, sur les doigts d’une main.

télé samsung technologie micro-led

Une technologie d’avenir, sous condition

Concrètement, la technologie micro-LED est aussi prometteuse que les enjeux autour de sa fabrication à grande échelle sont conséquents. Les constructeurs doivent désormais relever de nombreux défis pour faire baisser drastiquement les coûts de production, et donc les prix finaux des téléviseurs dotés de ce tout nouveau système.

Ce constat n’est cependant pas nouveau : au cours des dernières décennies, les nouvelles technologies ont toujours coûté très cher avant d’être accessibles au grand public. Il y a 10 ans, un téléviseur 4K Ultra HD de 85 pouces avec écran LCD avoisinait les 100 000 euros, alors qu’un modèle LED aux mêmes dimensions coûte aujourd’hui moins de 3 000 euros.

La patience sera de mise également pour le micro-LED, qui pourrait bien être utilisé en premiers lieux pour les smartphones. Dotés de petits écrans, ces derniers pourraient être un terrain expérimental favorable pour les constructeurs. Il ne faut cependant pas en douter : cette nouvelle technologie arrivera bel et bien un jour dans nos salons… mais quand ? Telle est la question qui reste en suspens !

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'une * sont obligatoires. Les informations saisies ne seront pas utilisées à des fins commerciales.